Trafic d’ivoire : la guerre perdue

Synopsis

En voie d’extinction, les éléphants, les rhinocéros et les tigres courent de grands dangers. Le braconnage des premiers, convoités pour leurs défenses, se déroule jusque dans les réserves naturelles, comme celles de Rukinga au Kenya et du parc Kruger en Afrique du Sud. Face à des autorités impuissantes, des réseaux mafieux contrôlent ce trafic mondial de l’ivoire et de la corne de rhinocéros, qui représente chaque année un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars. Des rébellions armées, comme celles de l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda ou des islamistes d’Al Shabab en Somalie, se financent en partie grâce à lui. Quelque 35 000 éléphants et un millier de rhinocéros meurent ainsi chaque année, les uns à cause de leur ivoire, les autres à cause de leur corne. Le visionnage de ce film n'est pas possible depuis certains pays pour raisons de droits de distributeurs.

Récompenses reçues : - German Environmental Film Award : IFF Ekotopfilm - Bratislava : German Wildlife Film Award Prize of the President of the Festival Committee

Le mot des réals

Il y a deux ans, je feuilletais les pages d’un magazine lorsque je suis tombée sur un article qui parlait des éléphants tués par des braconniers, au Tchad. Il ne s’agissait pas d’une ou deux bêtes tuées par des locaux pour se nourrir… mais de dizaines d’animaux sauvagement massacrés par des groupes organisés, armés de fusils mitrailleurs. Ils tuaient en premier les éléphanteaux pour que leurs mères, folles de chagrin, en oublient de se protéger. Puis ils les tuaient elles aussi. Certains éléphants étaient encore en vie lorsque les braconniers arrachaient leurs défenses, les laissant agoniser jusqu’à leur dernier souffle. J’étais choquée et effrayée. Je voulais en savoir plus et j’ai commencé à me renseigner. J’ai parlé à des spécialistes de la protection animale et découvert qu’il ne s’agissait pas d’un cas isolé, mais que le braconnage s’intensifiait dans toute l’Afrique. J’ai aussi appris que ces groupes criminels très bien organisés ne s’en prenaient pas qu’aux éléphants, mais aussi à d’autres espèces menacées comme les rhinocéros. Je n’arrivais pas à croire que ces massacres avaient lieu là, maintenant, sous nos yeux...

Pourquoi ce choix ?

Des savanes d'Afrique aux marchés asiatiques, ce documentaire pousse un cri d’alarme face à la situation des rhinocéros et des éléphants dont les populations disparaissent à un rythme effréné. Alors que le nombre de braconnages explose depuis deux ans, et que toutes les 15 minutes un éléphant est abattu, des personnes sont prêtes à risquer leur vie pour sauver ces êtres majestueux victimes de réseaux organisés qui se sont emparés de ce trafic juteux. Sachant que le dernier rhinocéros blanc mâle s’est éteint en mars 2018, ce film constitue un témoignage majeur en faveur des espèces en voie d'extinction et cherche à attirer l’attention du grand public sur ce drame écologique. Car si l’on ne fait rien, dans moins de 10 ans tous les éléphants auront disparu de la surface de la Terre. Pour que nos enfants découvrent les animaux sauvages ailleurs que dans les zoos ou les livres, c’est maintenant qu’il faut agir en faisant, par exemple, pression sur les institutions européennes qui continuent d’autoriser la vente d’ivoire au sein de l’Union.